Alors que les enseignants clôturent tout doucement leur année, nous leur préparons déjà une rentrée riche en formations. Parmi les nouveautés, on épinglera le certificat* en gestion positive de l’hétérogénéité par la langue scolaire, proposé conjointement par l’UNamur, l’HENALLUX et Haute Ecole Vinci. Anaïs Corfdir, accompagnatrice et formatrice au Département Éducation et Technologie, nous explique les enjeux de ce tout nouveau cursus pour les enseignants.

Que vous enseigniez les mathématiques, la géographie, les sciences, le français au fondamental ou au secondaire, la langue est votre outil de travail et le moyen par lequel vos élèves accèdent au savoir et expriment leur compréhension.

Ici plus qu’ailleurs, il convient d’emblée de bien préciser ce dont il est question : la langue scolaire ou langue de scolarisation est la langue qui permet l’apprentissage des différentes matières. Ce qui est au cœur du certificat, ce n’est donc pas l’apprentissage du français mais bien l’apprentissage en français. À cela s’adjoint la diversité des publics que tout enseignant est amené à prendre en charge par la mise en place de pratiques différenciées.

* Sous réserve de l’obtention de l’agrégation auprès de l’ARES

Être capable de poser un diagnostique

Le français doit se voir comme une compétence transversale qui, si elle n’est pas complètement acquise, va avoir des impacts sur tout le parcours scolaire. Certains enseignants n’en ont pas encore toujours conscience : pour eux, ce qu’ils demandent en classe est assez simple mais on se rend compte que les élèves semblent perdus face aux consignes. Cela se ressent d’ailleurs au niveau des indicateurs internationaux où la Belgique n’occupe pas toujours une bonne place. Bien souvent, le problème n’est pas au niveau de la matière mais dans la capacité à comprendre le véhicule des informations sur le contenu, la langue de scolarisation.
Avec le certificat, l’idée est de mener une démarche diagnostic qui va permettre de cibler les éléments qui posent problème.

« Il y a beaucoup de questionnements de la part des enseignants mais ils n’arrivent pas toujours à mettre le doigt sur le problème à la source. »

Anaïs Corfdir

L’hétérogénéité, un atout à gérer

Dans les groupes que rencontrent les enseignants, il y a de l’hétérogénéité. Malheureusement, l’hétérogénéité pâtit souvent d’une mauvaise image. En effet, la gestion de différents niveaux d’élèves est perçue comme une charge de travail supplémentaire. Or, il existe une multitude de moyens pédagogiques et didactiques pour prendre en considération et satisfaire les différents besoins des élèves. Ici aussi il est intéressant d’avoir une approche diagnostique qui permette de situer les élèves afin d’adapter les activités d’enseignement à la multiplicité des manières d’apprendre.

Au sein de l’équipe du certificat, il y a clairement la volonté de voir l’hétérogénéité sous un angle positif. L’idée est d’inviter les enseignants à poser un nouveau regard sur le groupe qu’ils ont en face d’eux afin qu’ils accompagnent les élèves le plus loin possible dans leurs compétences.

S’inscrire dans une démarche d’enseignant-chercheur

Concrètement, la formation articulera apports théoriques et exercices pratiques tout en s’inscrivant dans une dynamique collaborative entre participants. Ces derniers seront intégrés dans une communauté d’échanges et de réflexion sur leurs pratiques professionnelles. Les formateurs partiront du vécu et des représentations des enseignants pour les amener petit à petit sur le terrain de la recherche. Le programme prévoit ainsi une expérience terrain durant laquelle les participants pourront recueillir des données en lien avec une problématique qu’ils auront choisie.

Le certificat en Gestion positive de l’hétérogénéité par la langue de scolarisation commence en octobre 2021.

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